
Sortir de ta peau, la quitter définitivement pour une autre ; plus douce et plus clémente. Cette idée ne te quitte plus depuis un moment. Elle te poursuit, te harcèle et te fatigue. Chaque fois elle se présente à toi sous une forme différente mais en gardant le lancinant sujet qui revient sans cesse : quitter cette peau et passer ailleurs ; n’importe où mais ailleurs de la peau que tu « habites » en ce moment. Mais qui accepterait de te recevoir ? Quelle peau nouvelle peut-elle te sourire et te souhaiter la bienvenue, à toi, ce malheureux qui a laissé filer le bonheur entre ses doigts ? Enfin est-il question de peau ? La peau qui te porte et t’abrite est-elle à l’origine de tes malheurs ? Tu n’en sais rien ou plutôt tu n’en es pas très sur ! Seulement tu doutes d’une chose. Tu penses que ta peau qui n’est en définitive qu’un contenant qui ne joue aucun rôle dans le lamentable état d’âme dans lequel tu patauges depuis quelque temps. Car, tu te dis, si le vin est frelaté pourquoi accuser la bouteille qui n’est en fin de compte qu’un contenant, un objet qui joue un rôle éphémère puisqu’elle est systématiquement jetée dans la poubelle une fois le breuvage englouti. Cette réponse, non dénuée de bon sens, apaise pour un moment ta fureur contre ta personne puisqu’elle t’enlève toute responsabilité et t’exonère en quelque sorte du bilan négatif dont tu essayes de lire correctement les chiffres afin d’en être définitivement convaincu. Passé ce laps de temps, généralement court, tu reviens à la charge contre ta peau ou plutôt c’est la question de ta peau qui réoccupe le devant de la scène de ta vie. Maintenant, tu perds du terrain et commences à être persuadé que ta peau joue un grand rôle dans ta décrépitude et que ta descente aux enfers n’est due qu’à cette satanée peau que tu trimballes depuis un bon bout de temps déjà. Pourtant ta peau n’a presque rien à envier aux autres que tu fréquentes et que tu vois tous les jours. Tu peux même dire que tu disposes de l’une des meilleures. Certes, tu n’es pas blond aux yeux bleus, mais tu es bien fait. Ensuite, aux yeux bleus et la chair blonde tu ne penses même pas. Tu es content de ton teint basané que tous tes concitoyens arborent avec fierté. N’es-tu pas né sous le soleil brulant de cette Afrique du nord ?
Je suis arrivé à ce blog par hasard, mais j'ai trouvé qui a un contenu très intéressant. Good job. Une salutation.
RépondreSupprimerOn m'a conduit jusqu'ici, je m'y suis plongée corps et âme, je me suis arrêtee à mi-chemin, ma sensibilité me brûlant la peau !!!
RépondreSupprimerJ'y reviendrai sans doute....plus tard, après le feu de la brûlure !!!!
BéA